Seigneurs de Châteauneuf

Seigneurs de Puget et de Figanières

Comtes de Pigna

Seigneurs de Dosfraires

DEV. –  » Deus videt « 

« Coupé : dans le premier d’azur à l’agneau d’argent passant, surmonté par une étoile d’or ; dans le second, de sinople à deux rosiers d’or nourris sur un gazon du même en pointe. »

Famille d’origine toscane, dit-on, établie à Nice et dans diverses localités du Comté au XVème siècle.

I. Raphaël Martini était, en 1438, aubergiste à Nice; en 1446, il fut élevé à la charge de second consul et enfin, le 14 juin 1447, il recevait des patentes de noblesse du duc de Savoie. Le même Martini acquit une partie du fief de Châteauneuf le 17 mars 1456 ; n’ayant pas eu d’enfants, il choisit comme héri­tier, Ludovic Martini, fils de François (son frère) et de Yolande du Puget. Ludovic avait hérité en 1461 de son oncle maternel, Guil­laume du Puget, dont il prit les armes et le titre. Il épousa une demoiselle Marguerite de Villeneuve-Trans et s’établit en Provence, où en 1533, il est qualifié seigneur de Figanières. Entre 1465 et 1495, il vendit tous ses fiefs et biens situés dans le Comté de Nice. L’histoire de sa descendance devient dès lors étrangère à la noblesse niçoise, d’autant plus qu’il changea même le nom de Martini pour prendre celui de du Puget. Nous considérons donc cette branche de la famille comme éteinte.

II. D’autres Martini, établis d’abord à Utelle et connus dès 1503 par un Antoine Martini, devinrent propriétaires d’une autre partie du fief de Châteauneuf en la personne de Jacques Martini, neveu d’Antoine. Jacques avait épousé Françoise de Belmondi de Castelnuovo et acquit de son beau-frère, Jacques de Belmondi, une nouvelle portion de ce même fief dont il reçut l’investiture régu­lière le 25 février 1587. André, frère de Jacques, fut délégué apostolique à Rome, et obtint le titre personnel de patricien romain par lettres patentes du 27 mai 1576.

Jacques Martini eut plusieurs fils, parmi lesquels Ludovic, ou Louis (+ 1621) jurisconsulte habile, protonotaire apostolique, choisi par les rois Henri IV de France et Philippe II d’Espagne pour rédiger leurs actes de mariages respectifs et qui fut enfin (1611) évêque d’Aoste. Des frères de Ludovic : Alexandre, Jean­ André et Pierre, ont pris naissance trois branches distinctes de cette famille.

a) Alexandre épousa Lucrèce Roccamaura, des seigneurs de Châteauneuf: son fils André se maria avec Marguerite Marchesan, des barons de Coaraze. De ce mariage naquit Charles-Honoré qui, marié à son tour avec Marie Lascaris de Vintimille, en eut un fils, Camille, qui épousa Lucrèce-Marie Rossi di Cas­telnuovo. Le fils de ce dernier, Jean-Baptiste, eut, de son union avec Camille Bonfiglio de la Roquette, plusieurs fils qui sont : Victor-Amédée, abbé ; Bar­thélemy, major au château de Villefranche ; Jean-Jérôme, de qui descendit l’avocat Charles-Anselme (+ 1822), sénateur du Sénat royal de Nice, et Pierre.

Du mariage de ce dernier avec Rose Saissi de Châteauneuf naquirent divers fils, parmi lesquels nous mentionnerons Joseph (°1764 +1844), qui après avoir parcouru la carrière des armes dans l’infanterie sarde, fut, avec le grade de colonel, commandant de la ville d’Ivrée (1830) puis commandant de la place de Villefranche (1835) et fut enfin promu major-général et mis à la retraite avec le grade de lieutenant général. Il eut comme fils :

1° Alexandre, major d’infan­terie dans l’Armée royale sarde, chev. des SS. Maurice et Lazare, décoré d’une médaille d’argent à la valeur militaire, pour s’être distingué dans le combat de Volta (1848) ;

2° Candide + capitaine d’infanterie dans l’Armée royale sarde;

3° Xavier (°1813 + 1889). Ce dernier, muni du diplôme de docteur en droit, fut d’abord substitut avocat fiscal près la préfecture d’Oneille, puis substitut avocat fiscal général à Nice (1857) et enfin conseiller de première classe et pré­sident de section à la cour d’appel de Bologne. Il était commandeur des SS. Maurice et Lazare. et de la Couronne d’Italie. De son mariage avec Antoinette Suaut naquirent:

1°Joseph (°1840+1866), officier des bersagliers dans l’Armée royale italienne, mort à la bataille de Custozza, au moment où, à la tête de son peloton, il s’élan­çait hardiment à la conquête d’un drapeau ennemi: il eut pour ce beau fait d’armes la médaille d’argent à la valeur militaire;

2° Charles (+ 1911), docteur ès-sciences naturelles, fut volontaire au 10ème régiment garibaldien en 1866, puis, sous le général Acerbi, dans la campagne de l’Agro Romano (1867).

b) Jean-André, autre fils de Jacques Martini, fut colonel et commandant de la place de Nice (1631). Il avait épousé (1614) Lucrèce Orsiero, des seigneurs de Gilette : ses fils suivirent eux aussi la carrière des armes.

-Camille fut gouver­neur de Verrua et général aide de camp du duc de Savoie;

-Alexandre fut gou­verneur du Château de Saint-Hospice, et de son mariage avec Antonia de Moretta naquit Jean-André (°1681+1738) qui fut colonel du régiment de Marine, puis général et mourut sans enfant.

c) Enfin, Pierre (le dernier des fils de Jacques Martini qui aient eu une descendance) eut de son mariage avec Madeleine de Fabry divers fils, savoir:

1° Jean-François, chef de la lignée à laquelle appartient Claude-César Martini (déjà investi du fief de Dosfraires), qui reçut, le 7 juin 1788, l’investiture de Pigna avec le titre de comte. Son fils, le comte César-Célestin, n’ayant pas d’héritier, obtint de pouvoir transmettre le titre de comte de Pigna au lieute­nant Michel Berra (patentes royales du 19 décembre 1827) ;

2° Jean-Ludovic, qui de son mariage avec Perinette de Vento eut un fils, Lucas, capitaine des galères d’Espagne. De l’union de Lucas (1614) avec Camille Rostagni naqui­rent :

a) Antoine, colonel des gardes wallonnes, qui devint la souche d’une branche de la famille établie en Espagne, où elle eut le titre de grand d’Espa­gne;

b) Camille, lequel, après avoir servi dans l’armée française, s’établit à Monaco et fut (1671) commandant en chef des milices de la Principauté. Son fils Lucas-Antoine fut auditeur général et viguier du prince de Monaco (1693) : il épousa Catherine Mazzena et c’est de lui que descendent les Martini de Château­neuf, établis à Menton.

(1)Dès le XVllle siècle, les Martini de Châteauneuf se trouvent désignés comme comtes. Cependant il n’y a pas de documents qui prouvent la concession officielle de ce titre et même dans l’Elenco ufficiale delle famiglie nobili e titolate del Piemonte, p. 92, on ne trouve d’autre titre enregistré que celui de seigneur de Châteauneuf.

Publicités