« de geules à la comète d’or à seize rais »

Seigneur de Châteauneuf (1280)

Seigneur de Saint-Sauveur (1373) et La Caynée (1621)

Contes (1311), Eze (1331), Villefranche (1390), Entraunes (1616)

Comte d’Ilonse, Rorà,Pierlas, Malaussène, St Jean d’Aurelle (1621)

Famille connue à Nice depuis l’an 1074 (1). Parmi les plus anciens personnages de ce nom, mentionnons : Raymond, chanoine en 1135 ; Guillaume, premier consul de Nice en 1144 ; Fulcon, premier consul de Nice en 116o ; un autre Fulcon, premier consul en 1227 ; Eugène, premier consul en 1246 ; François (2), un des consuls de 1305 (mari de Béatrix de Châteauneuf, héritière d’une partie de ce fief, aliénée par la suite) ; Marino, chanoine de Glandèves (1318) ; André, capitaine général de Sospel (1350) et puis par deux fois (1370 et 1384) premier consul à Nice ; Andaron, investi de Saint-Sauveur (1375), fief ensuite aliéné ; Antoine, premier consul en 1375 ; Ludovic, d’abord consul de Nice (1414 et 1425) puis abbé de Saint-Pons et évêque de Nice (1428) ; Pierre, plusieurs fois premier consul (1449, 1455, 1460) et ensuite avocat fiscal de la Curie de Nice (1477) ; Barthélemy, deux fois (1447 et 1478) viguier de Sospel ; Jean, consul de Gênes à Nice, où il combattit valeureusement dans la mémorable défense de 1543 ; et enfin, Jean-Baptiste, chevalier des SS. Maurice et Lazare. Ce dernier, d’abord capitaine dans l’armée ducale, fut ensuite capitaine de galère, gouverneur d’Oneille, commandant de Barcelonnette (1581), promu colonel à la prise d’Antibes et enfin, général des galères ducales et gouver neur de Villefranche. Les fils de Jean-Baptiste furent :

1° Annibal, chevalier de justice des SS. Maurice et Lazare. (1607), qui joua un rôle en évidence dans la capture du baron rebelle Annibal Grimaldi de Beuil ; il fut gouverneur de Villefranche et de Barcelonnette et obtint l’investiture d’Ilonse, Rorà et Pierlas avec le titre de comte (1621), fiefs revenus à la Couronne en 1722 (3) ;

2° Marc-Antoine, colonel d’infanterie, sergent-major de bataille dans les guerres du Montferrat et puis gouverneur de Verceil. Il fut investi du fief de Malaussène avec le titre de comte (1621), fief qui fit retour à l’Etat en 1722 ;

3° Etienne, gentilhomme de la chambre de S. A. R., chevalier de Malte, lieutenant du fort de Villefranche, gouverneur de Saint-Hospice et commandant de l’artillerie dans les guerres du Montferrat. Il fut investi le 22 mai 1621 des fiefs de la Caynée et de Roubion (4) ; ce dernier fief passa à la famille Caissotti, par suite du mariage de Béatrix, fille d’Annibal Badat, tandis que celui de la Caynée fut aliéné en 1657.

Le dernier descendant de cette illustre famille fut le comte Charles-Joseph Badat (arrière-neveu du comte Annibal plus haut nominé), commandant de Valenza (1722), lieutenant-colonel (1748), colonel (1758), ensuite brigadier d’infanterie, puis lieutenant-général (1774), gouverneur de Cuneo et de Tortone et enfin général d’infanterie (178o).

(1) Le comte Caïs de Pierlas, dans son importante étude « Le fief de Châteauneuf » donne l’arbre généalogique de cette famille, depuis 1074 jusqu’à la fin du XIVème siècle ; cependant, nous n’y trouvons pas enregistrés quelques-uns des personnages que nous avons cités et qui figurent dans la nomenclature des Consuls de Nice. Nous savons, en outre, par l’histoire de Nice, que la famille Badat était toute puis sante à Nice, dès la fin du XIème siècle et à la tête du parti républicain autonomiste contre les Cays, fauteurs des Comtes de Provence.

(2) Sa fille Astruga avait épousé Raimond de Grasse de Cabris. La famille de Grasse n’est pas niçoise, mais comme elle posséda plusieurs fiefs dans le Comté de Nice avant la domination savoisienne (tels que Toudon, Le Mas, Aiglun, portion de Châteauneuf, etc.) et à raison des nombreuses alliances contractées avec les Badat, Balbo, Caissotti, Capello, Fabri, Grimaldi, des Ferres, Lascaris, du Puget, Truchi, etc., il ne nous semble pas déplacé de donner ici une très brève notice sur cette famille.

D’après les chartes de l’abbaye de Lérins, la famille de Grasse descendrait de Rodoard comte et prince d’Antibes au Xme siècle. Elle se divisa en deux principales branches : le de Grasse du Bar et le de Grasse de Cabris.

Isnard de Grasse du Bar, Commandeur de St Jean de Jérusalem reçut de la reine Jeanne, en récompense de ses services, les terres du Mas et d’Aiglun le 7 juillet 1348 ; et le 18 mai 1349 il fit donation de la terre d’Aiglun à son cousin germain maternel Pons des Ferres.

Bertrand de Grasse du Bar reçut du roi Louis et de la reine Jeanne, les terres d’Eze, Peille, Sospel et l’île Ste-Marguerite, le 28 mai 1351.

Louis de Grasse, seigneur. du Mas et de Callian fut lieutenant-général en Provence en 1516. C’est à lui que François Ier écrivit le 10 février 1524, de s’emparer de Barthélemy Doria meurtrier de Lucien Grimaldi. Charles de Grasse, comte du Bar, était le propre gendre d’ Annibal de Grimaldi, Comte de Beuil.

La famille de Grasse est encore représentée aujourd’hui mais elle a quitté la Provence pour la Picardie.

(3) Victor-Amédée Il, par un édit de 1720, soumit à une rigoureuse révision toutes les possessions féodales des familles nobles du royaume et, à la suite de cette révision, beaucoup de fiefs furent incamérés par l’Etat.

(4) Village fondé en 1130. Ce fut un fief des de Montalban du lieu de Glandèves, puis des Balbo, jusqu’à ce que Pierre Balbo, par la convention de Brignoles (1273) céda à Charles d’Anjou tous ses fiefs de la vallée de la Tinée, en échange du marquisat du Muy en Provence (Papon –Histoire Générale de Provence). Les Grimaldi de Beuil reçurent de la maison d’Anjou le fief de Roubion ; après l’exil de cette famille, le fief passa à Etienne Badat.

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