« bandé d’or et d’azur, au chef de gueules, chargé d’un lion léopardé d’or« 

« Deo dante »

Seigneurs de Castelnuovo

Comte de Barbaresco et de Canelli

Comte d’Utelle

Comte de Toudon avec Ascros et Tourette-Revest

Baron

Predicat de Saint-Ambroise

Ancienne famille (1) originaire de Vintimille, dont un membre, nommé Simon, était conseiller du podestat de Gênes, en 1122 ; son fils Inigo fut consul de Gênes en 1188.

A Nice, on retrouve la trace de cette famille dès 1307 : cette année-là, un Raymond Galleani possède une maison « in podio sancti Martini ». Après lui, il faut rappeler : Jacques Galleani qui, par trois fois (1351, 1357 et 1371) fut premier consul de Nice ; Jean, notaire; Pierre, qui au XVème siècle fut profes­seur à l’Université de Turin et écrivain de grande valeur. Le fils de ce dernier, Jean Galleani (+1538) est le célèbre propriétaire du grand navire surnommé « La Galeana » qui lui valut de la part des Gênois tant de persécutions. Il avait épousé Nicoletta Doria et de ce mariage naquit, entr’autres enfants, Marc-Antoine (+1574), homme de mer réputé qui fut vice-amiral des galères de l’ordre des SS. Maurice et Lazare, après avoir été précédemment nommé (1570) capitaine-général de Sospel, charge déjà occupée en 1505 par un autre membre de la même famille. Le fils de l’amiral Marc-Antoine fut Jean-Paul, chevalier des SS. M. et L. (1566) et le capitaine général de Sospel (1577-1582).
En même temps, Pierre-Jean Galleani était élevé par trois fois (1580, 1590 et 1598) à la charge de premier consul de Nice.

De cette souche commune, ont pris naissance diverses branches de la famille.

I. Ludovic (1421) pharmacien, fut le père de Jacques (+avant 1480), lequel épousa Honorée Roccamaura, héritière d’une portion du fief de Châteauneuf, dont elle fut investie ainsi que ses fils, le 22 septembre 1480. A cette branche ont appartenu : Raphaël, homme d’Etat habile, conseiller de la duchesse Blanche de Savoie (2), dont il fut ambassadeur en Espagne (1493) pour la conclusion d’un traité de paix avec le roi de Castille, de qui les sujets se livraient à la guerre de course; Jean, premier consul de Nice, en 1525; Prosper, lecteur ordinaire à l’Université de Turin, puis, avocat patrimonial à la Chambre des comptes de Piémont et avocat fiscal général (1593), enfin, président patrimonial ; Ulysse (+1631), fils du précédent, docteur ès-lois, sénateur du Sénat de Piémont, après avoir rempli la charge de gouverneur d’Oneille, nommé en dernier lieu (1628) président du Sénat de Piémont ; Erasme, qui reçut de Charles-Quint le grade de colonel et commanda un corps de volontaires niçois dans la malheureuse expédition de Provence ; Ludovic (+1611), reçu chevalier de Malte, se signala par son courage dans beaucoup de combats, et admis à servir le roi d’Espagne dans la marine sicilienne, y obtint le grade de lieutenant-général de l’escadre de galiotes; Jean-Jérôme, entré lui aussi dans l’ordre de Malte (1626), y surpassa, en vaillance, ses prédécesseurs, pourtant déjà si valeureux, et se signala spécialement dans un combat près de Chypre (1631) et fut plus tard nommé gouverneur de l’île de Gozzo.

Les frères Jean-Jérôme, Jean-François et Jules-Antoine, descendants du président Ulysse sus-nommé, furent investis du fief de Barbaresco (près d’Alba, en Piémont) le 14 avril 1694, avec institution de droit d’aînesse en faveur de la descendance de Jules-Antoine, lequel fut investi de Canelli (près Asti, en Piémont), avec le titre de comte, le 6 janvier 1706. Le fils aîné du comte Jules- Antoine, fut Jean-François, qui mourut en 1745, sans enfant : son frère Juvénal-Jean-Baptiste (+1778), hérita de ses fiefs : dès le 22 mai 1745 il avait aussi obtenu le titre de comte sur le fief de Barbaresco.

Le dernier qui ait été investi de fiefs de la famille, fut le comte Jules ­Camille. Cette branche est éteinte.

Jérôme-Marcel Galleani, descendant du colonel Erasme, fut premier consul de Nice en 1682 et le 9 mars 1700 il reçut l’investiture du fief d’Utelle (3) avec le titre de comte, fief que sa nièce Marie-Thérèse vendit (1759) avec l’agrément royal, à la famille Lovera-Bottero, de Cuneo.

II. André Galleani, premier consul de Nice en 1603 fut père de Jean ­Baptiste, lequel, s’étant signalé dans la répression de la rébellion des Grimaldi de Beuil, fut investi, le 12 août 1621, des fiefs de Toudon, avec Ascros et Tourette de Revest (4). Un autre André fut premier consul de Nice en 1675 et, pen­dant de longues années, conseiller communal. Son fils Jean-Baptiste obtint le 9 avril 1734 l’érection des fiefs de sa famille en comté. Avec lui s’est éteinte cette branche de la famille et les fiefs sont passés à la maison Caissotti de Roubion.

III. D’une branche de la famille Galleani résidant à Vintimille a pris naissance Jean-Baptiste (°1803), lequel, entré à l’Académie royale militaire de Turin (1817) en sortit sous-lieutenant d’infanterie et passa ensuite dans l’arme des carabiniers royaux, où il atteignit le grade de major et se retira du service en 1848. Il fut ensuite, pendant de longues années, agent consulaire d’Italie à Menton. Il était chevalier des SS. Maurice et Lazare et commandeur la Cour italienne. Il avait épousé la demoiselle Félicité Preti de St-Ambroise (5) dernière de son nom ; et par patentes royales du 31 juillet 1838, il avait obtenu que le prédicat de St-Ambroise passât aux Galleani. Le même Jean-Baptiste obtint le titre de baron pour lui et ses descendants par lettres patentes du 24 août 1841.

Frédéric (°1805 +1845), frère du précédent, entré à l’Académie Royale de Turin (1816), fut nommé sous-lieutenant en 1824 dans le bataillon des Chasseurs de la Reine et fut ensuite capitaine dans la brigade Aoste jusqu’à sa mort.

Du baron Jean-Baptiste plus haut nommé, naquirent, entr’autres, les deux frères Horace et Charles, qui ont illustré cette famille dans les armes.

Horace (1835 +1908) entré à l’Académie Royale de Turin (185o) en sortit sous-lieutenant d’artillerie (1855). Il prit part en qualité de lieutenant à la bataille de San-Martino, où il mérita une médaille d’argent à la valeur militaire. Promu capitaine (1859), il gagna une seconde médaille d’argent à la valeur militaire dans la campagne de l’Italie méridionale. Il fit la campagne de 1866 avec le grade de major et, vingt ans après, fut nommé major général et finalement lieutenant-général (1891). Après sa retraite du service, il fut pendant de longues années le très actif président du sous-comité de la Croix-Rouge à Turin. Il etait grand officier des SS Maurice et Lazare et chevalier grand-croix de la Cour italienne.

Charles (°1839) vivant [en 1912 !]. Entré à l’École royale de Marine, à Gênes, il en sortit avec le grade de garde marine en 1859. Il prit part à la campagne de l’Italie méridionale comme sous-lieutenant et y gagna une médaille d’argent à la valeur militaire. Comme capitaine de frégate, il fut aide de camp effectif de S. M. le roi Humbert Ier et, comme capitaine de vaisseau, il remplit pendant plus de douze ans les fonctions de premier aide de camp de S. A. R. le Duc de Gênes. Actuellement, il est contre-amiral dans la réserve navale, décoré de la médaille mauricienne pour le mérite de dix lustres de service, Grand Offficier de la Cour italienne et de SS. Maurice et Lazare, de l’Aigle Rouge de Prusse et de l’Étoile Noire, Commandeur St-Olaf de Norvège, d’Albert le Valeureux de Saxe, du Mérite Militaire de Bavière, de la Couronne de Roumanie, de la Légion d’Honneur de France ; Officier de l’Osmanié Ottoman, Chevalier de l’Ordre de Tour et Épée de Portugal et du Nicham-Iftikar de Tunis, ainsi que d’autres ordres étrangers.

Le frère du précédent, le chevalier Alexandre, docteur en droit, fut pendant plusieurs années vice-consul d’Espagne et d’Italie à Menton, puis vice-consul de Portugal dans la même ville ; il était Chevalier de la Cour italienne et de l’Ordre d’Isabelle la Catholique d’Espagne.­

(1) Nous omettons de parler ici de la branche des Galleani, barons de Védènes (1352), (d’où descen­dent les Gallean, ducs de Gadagne, établis en France, et les Galleani, comtes d’Agliano et Caravonica, encore existants en Piémont), parce que, à aucun titre, ils ne peuvent être considérés comme appartenant à la noblesse niçoise, bien qu’ils tirent leur origine de la même souche que les Galleani, de Nice.

(2) La Duchesse Blanche, des marquis de Montferrat, était alors régente de l’état pour son fils Charles II

(3) Utelle avait été anciennement un fief des Grimaldi qui l’avaient perdu en 1364.Depuis lors, aucune famille n’avait plus demandé à en être investie.

(4) Toudon avec Ascros et Tourette Revest avait été un fief des Glandevès, puis des Balbo et à partir de 1391 des Grimaldi.

(5) La famille Preti avait été investie du fief de Saint-Ambroise en 1703 par le prince de Monaco.

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