«D’azur au bouc d’or, issant d’une mer d’argent flottée de sinople, regardant une étoile d’or posée dans le canton dextre du chef et tenant dans sa bouche un serpent de sable écaillé d’argent tortillant en pal»

DEV « Et sapienti prodest ».

Marquis

Comte de Revel avec Saint-André

Comte de Pralungo

Seigneur de Castelnuovo.

Noble des marquis Thaon, des comtes de Revel avec Saint-André et Pralungo et des seigneurs de Castelnuovo

Cette famille, lorsqu’elle quitta son château de Saint-André, près de Nice, alla s’installer au Piémont où elle est toujours largement représentée.


Notes historiques. – Cette famille, par les nombreuses et éminentes charges remplies dans les trois derniers siècles et par les très hautes distinctions honorifiques reçues, est, sans aucun doute, parmi les plus illustres familles niçoises encore existantes.

Les Thaon sont originaires de la vallée de Lantosque (arrière-pays niçois) et jouissaient déjà d’une haute considération à la fin du XVIème siècle. Pierre Thaon épousa Camille Michelotti, héritière d’une portion des fiefs de Revel et André.

Elle était la fille de Melchiorre Michelotti seigneur de Revel avec Saint-André et de Brigitte Doria. Le fief de Saint-André était divisé en quatre quartiers dont trois étaient unis au fief de Revel et un quartier seulement constituait un fief distinct. De ce dernier quartier avait été feudataire, autrefois, l’abbaye de Saint-Pons, puis la famille Chiabaudi, de qui les Michelotti l’acquirent en 1555.

Le fief de Revel comprenait les 3/4 de Saint-André et le quartier de Tourette appelé Revel : ce fief appar­tint anciennement aux vicomtes de Nice puis aux de Châteauneuf, de qui il passa aux Chiabaudi ; ceux-ci en conservèrent une partie, c’est-à-dire le quartier de Tourette et aliénèrent les autres portions en faveur des Caravaschini et des Michelotti. En 1687 les Peyrani, héritiers des Chiabaudi, pour le quartier de Tou­rette, le cédèrent aux Thaon et ce quartier fut érigé en fief comtal. Cette genèse des fiefs de Saint-André et Revel semble démontrer que le titre appartenant aux Thaon doit être celui de : « Comte de Revel avec Saint-.André » et non pas de « Comte de Saint-André avec Revel » comme le porte « l’ Elenco regionale delle famiglie nobili e titolate del Piemonte », et cela d’autant mieux que le titre de comte fut concédé, comme on le verra, sur le quartier de Tourette dit « Revel » et non sur une portion quelconque de Saint-André.

De ces portions de fief, Charles Antoine Thaon, fils de Pierre, fut régulièrement investi le 13 mai 1628.

Du susdit Charles Antoine, qui fut premier consul de Nice en 1671, naquit Pierre Antoine, lequel en 1685 – par une transaction avec les Peyrani – devint propriétaire du quartier de Tourettes appelé Revel, et de ce fief il obtint l’érection en comté le 10 octobre 1687. Gaspard, fils du comte Pierre Antoine, fut capitaine de l’armée ducale et épousa Gertrude, de l’illustre famille Provana. De ce mariage sont nés, entr’autres fils :

Joseph Horace, juge de Nice en 1720 et qui ensuite, retiré du service, fut premier consul en 1748 et 1763. Il avait épousé Thérèse Cortina d’Eze .

Pierre Ignace (1706 – t 1760) lequel, après avoir fait partie des chevaliers de Malte, prit du service dans l’Armée royale sarde. En 1744 étant major dans le régiment La Marina il eut une part éminente à la victoire de Montgarache (près de Villefranche) contre les Espagnols. Il commanda ensuite le régiment La Marina et fut capitaine général des milices en Sardaigne ;

Jean-Baptiste (1708 – +1784). Celui-ci, admis à 12 ans parmi les pages du grand-maître de l’Ordre de Malte, se fit bien vite noter pour son intelligence et son application, prit une part honorable à l’édification de plusieurs fortifications dans les îles de l’Ordre ; il fut ensuite procureur général et receveur de l’Ordre à Marseille, puis (1750) commandeur de Lucéram et plus tard (1772) d’Arcinino, et décoré de la grand’croix de l’Ordre de Malte.

Parmi les fils du comte Joseph-Horace, méritent d’être rappelés:

Augustin, chevalier de Malte, et surtout

-le comte Charles-François, aîné de la famille. Celui-ci (n. 1725-+1807) élevé à l’Académie militaire de Turin, en sortit enseigne au régiment de Saluces (1740); il prit part à la guerre de la succession d’Autriche et fut deux fois blessé. En 1771, il était nommé colonel ; en 1774, brigadier ; en 1776, premier consul de Nice ; en 1780, major-général et peu après commandant de la ville et du Comté de Nice . En mars 1787, il fut promu lieutenant-général et ensuite Vice-Roi de Sardaigne, charge qu’il quitta en 1790, pour aller occuper en Piémont le poste de gouverneur de Tortone. De 1792 à 1794, il fut commandant de l’Armée des Alpes. Après la conclusion de la paix avec la République française, il reçut du roi le titre de marquis par lettres patentes du 25 mai 1796. L’an d’après, dans des circonstances difficiles, il était nommé gou­verneur de Turin. Lors de l’occupation de Turin par les troupes françaises, le marquis Charles-François fut emmené prisonnier en France ; mais à Suse, il fut délivré par la population. Il se rendit alors au quartier général de Souva­row, qui le chargea de la réorganisatron de l’armée piémontaise, tandis que le Roi le nommait lieutenant-général du Royaume, avec pouvoirs d’alter ego (1799) L’année suivante, il reçut le collier de l’Ordre suprême de l’Annonciade. Retiré en Sardaigne après Marengo, il y fut nommé (18o6) grand-maître de l’artillerie.

Le marquis Charles-François avait épousé (1755) Madeleine Galléan d’Ascros (+1774) et en eut divers fils qui, tous, accrurent le lustre de leur lignée. Parmi ceux-ci, nous rappellerons :

1-Joseph-Alexandre (n. 1756-+1820) lequel obtint en 1790 l’assentiment royal pour hériter de sa mère le titre sei­gneurial d’une portion du fief de Castelnuovo. Le marquis Joseph-Alexandre suivit, comme son père, la carrière militaire : à 38 ans, il était déjà colonel, commandant le régiment de Suse ; ensuite, il fut chef d’état-major du duc de Montferrat dans la guerre des Alpes ; brigadier en 1796, puis major général, il fut emmené comme ôtage en France, en 1798. De retour dans son pays, il fut promu lieutenant-général (18o8), puis général d’infanterie (général d’armée) en 1812 ; il fut commandant général des carabiniers royaux et eut, en 1815, le collier de l’Ordre suprême de la Très-Sainte-Annonciade. Il avait épousé (1782) Béatrix, des ducs de Guadagne et en eut, entr’autres fils :

Charles-Hippolyte ( +1849), lieutenant-général, décoré du grand cordon des SS. M. et L. ;

Ignace (+1843), colonel de cavalerie. Les descendants de Charles-Hippolyte furent César-Ignace (+ 1899), major-général (1866) et Emmanuel (+), capitaine d’état­-major.

La branche du marquis Joseph-Alexandre est éteinte.

2- Ignace (n. 1760 +1835) étudia au collège de Sorrèze, fut reçu che­valier de Malte, puis nommé ministre de Sardaigne en Hollande (1789). Lors­qu’éclata la guerre des Alpes, il prit du service dans l’Armée sarde et fut pendant deux ans (1792-94) aide-de-camp de son père, puis chef d’état-major du duc d’Aoste. Brigadier d’infanterie en 1796, il fut un des négociateurs de la paix de Cherasco ; il fut lui aussi, comme son frère, emmené comme ôtage en France en 1798, et de retour dans son pays, fut nommé (1799) ministre de Sardaigne à Londres, nomination qui n’eut cependant pas de suite et fut convertie, le mois suivant, en celle de major-général. Le général Ignace prit part à l’expédition austro-sarde en Provence en 18oo et après Marengo, il se retira à Venise, d’où, en 18o3, il vint à Nice pour rentrer dans la vie privée. A la Restauration, il fut nommé membre du Conseil de régence en Piémont, puis ministre plénipo­tentiaire à Paris et de là, en mission extraordinaire à Londres, d’où il fut rap­pelé pour remplir les fonctions de commissaire plénipotentiaire de S.M. pour la prise de possession de Gênes et de la Ligurie. Il eut au début de 1815, le grand cordon des SS.M et L et, peu après, fut nommé gouverneur et commandant général des troupes du duché de Gênes. Après les Cent-Jours, il fut de nouveau plénipotentiaire du Royaume de Sardaigne au quartier général des Alliés, et, au retour de cette mission, il reçut le commandement général des troupes de la Savoie (1815). Au bout de quelques mois, il fut de nouveau nommé (1816) gouverneur général de Gênes, puis promu général d’armée. Il fut -pendant un laps de temps assez bref- vice-roi de Sardaigne, puis (1820) à nouveau gouverneur de Gênes et tout de suite après (1820) gou­verneur de Turin. En 1829, enfin, il était nommé maréchal des Armées de Sa Majesté, fonctions que personne n’avait jamais remplies avant lui. S. M. le Roi Charles-Albert lui conféra le titre de ministre d’État et la charge de vice-prési­dent du Conseil d’État. Dès 1820, il avait été nommé chevalier de la Très-Sainte Annonciade.

S. Exc. le général Ignace de Revel avait obtenu, le 25 octobre 1814, l’as­sentiment royal pour hériter de sa cousine Anne-Thérèse Provana (1) le titre de comte de Pralungo. Parmi les fils nés du mariage (1797) de S. Exc. le comte Ignace avec la demoiselle Sabine Spitalieri, des comtes de Cessole, il convient de mentionner :

1- S. Exc. le comte Octave, ministre des finances du Roi Charles-Albert (1843-1848), un des signataires du Statut, sénateur du Royaume d’Italie. Lors­qu’il eut remis ses fonctions de ministre des finances, il conserva le titre de ministre d’État. Il était grand cordon des SS. M. et L. (1847), commandeur de l’Ordre de Malte, grand-croix de l’Aigle Rouge de Prusse, commandeur de Saint-Stanislas de Russie et de l’Ordre Pontifical Piano.

2° Adrien, envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire en Angleterre

Martien et Charles, colonels d’infanterie dans l’Armée italienne, tous deux décorés de la médaille d’argent à la valeur militaire ;

4° S. Exc. le chevalier Genova Jean-Baptiste (n.1817 +1910). Ce dernier parcourut une brillante carrière dans l’arme de l’artillerie, et se signala par son courage et son intelligence dans toutes les campagnes auxquelles il prit part. Il reçut une médaille de bronze et une d’argent à la valeur militaire dans la la campagne de 1848 et une autre médaille d’argent à la valeur militaire à la bataille de Novare. En 1859, étant lieutenant-colonel, il fut décoré de la médaille de bronze à la valeur militaire pour le fait d’armes du Pont de Palestro (22 mai 1859) et reçut la croix d’Officier de l’Ordre Militaire de Savoie, pour l’habileté extraordinaire déployée dans la direction de l’artillerie pendant la bataille de San Martino. Pendant la campagne de 1860 -1861, il fut promu colonel pour mérites de guerre « pour l’activité et le courage avec lesquels il dirigea les opérations de l’artillerie au siège d’Ancone », et il eut la croix de Commandeur l’Ordre Militaire de Savoie pour s’être distingué dans le siège et la prise de Mole de Gaëte. Finalement, en 1866, étant major-général, il reçut à Custoza les insignes de Grand Officier l’Ordre Militaire de Savoie. Promu lieutenant­-général après cette dernière campagne, il servit encore plus de vingt ans dans l’armée active. Premier aide-de-camp du prince Humbert, il fut ensuite son aide de camp général honoraire.

Outre les décorations déjà dites et les médailles commémoratives pour les campagnes de l’indépendance italienne et de Crimée, S. Exc. le général Genova de Revel était décoré de la médaille Mauricienne, grand cordon des SS. M. et L. et de la Couronne d’Italie, de l’Ordre Danois du Danebrog et de l’Ordre du Christ de Portugal ; Grand Officier de l’Ordre de la Légion d’Honneur, du Lion de Zahringen de Bade, Chevalier de l’Ordre Militaire du Bain et du Medjidié ottoman.

S. Exc. le général Genova de Revel fut, en outre, un écrivain distingué à qui l’on doit plusieurs oeuvres très intéressantes d’histoire. Il prit une part active à la vie politique italienne et siégea pendant plusieurs années à la Chambre des députés ; depuis 1879, il avait été appelé à faire partie du Sénat du Royaume. Il fut, en outre, ministre de la guerre en 1867 et il reçut de S. M. le Roi Victor-Emmanuel III le collier de l’Ordre suprême de l’Annonciade à l’occasion du cinquantenaire de la guerre de Crimée.

Mentionnons, enfin, les fils de S. Exc. le comte Octave, à savoir :

1° Ignace (+ 1907) qui occupa diverses charges publiques à Turin, fut pen­dant de longues années conseiller communal et assesseur de la ville de Turin, membre de la Chambre des députés, et à partir de 1900, sénateur du Royaume. C’est de lui que descend l’actuel marquis Octave Thaon de Revel

Adrien (n. 1853) major général, commandant la 3″ » brigade de cavalerie ancien aide-de-camp de S. A. R. le comte de Turin, Commandeur de la Couronne d’Italie, Chevalier des SS. M. et L., décoré de la croix d’or pour ancienneté de service, Grand Officier du Soleil et du Lion de Perse, Commandeur de l’Aigle Rouge de Prusse.

Victor (n 1854), docteur en droit, consul général d’Italie à Trieste, Commandeur de la Couronne d’Italie, Officier des SS. M. et L. et de la Légion d’Honneur, Chevalier du Sauveur de Grèce ;

Paul (n. 1859), contre-amiral dans la marine. italienne, aide-de-camp général de S. M. le Roi d’Italie; Commandeur de la Couronne d’Italie, Officier des SS. M. et L., Commandeur de la Légion d’Honneur, des Ordres de Takovo de Serbie, du Mérite Militaire de Bavière, de la Couronne de Prusse, de la Couronne du Siam, de l’Ordre Ottoman du Medjidié ; décoré de la croix d’or pour ancienneté de service et de la médaille d’or au mérite pour le tremblement de terre de 1908.


(1) Elle était l’unique descendante de cette branche des PROVANA, veuve du Comte Philippe Ponte de Scarnafigi

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