CAISSOTTI


« d’or à l’aigle de sable, le vol abaissé, couronnée du champ et chargée en coeur d’un écusson coupé d’argent et de gueules ; au bras armé de fer au naturel, mouvant du flanc senestre, une massue d’argent à la main, en barre, brochant sur la partition »

 

Seigneur de Mas et Aiglun

Seigneur de Massoins et Tournefort

Comte de Rigaud

Comte de Roubion

Comte de Toudon,avec Ascros et Revest

Seigneur de Santa Vittoria

Comte de Santa Maria

Marquis de Verduno

Famille originaire de Tende, qui, dès le XVIème siècle, jouissait d’une grande notoriété et était déjà divisée en plusieurs bran­ches établies à Nice et en Piémont(1).


  1. Vincent Caissotti était premier Consul de Nice en 1588 ; celui-ci, avec son frère Barthélemy, avait été investi d’une partie du fief de Mas et d’Aiglun (2), le 29 novembre 1584, par suite d’achat fait aux Malopera. Le même Vincent Caissotti fut capitaine-général de Sospel pendant onze ans (1594-1605) et mourut titulaire de cette charge honorifique. Il avait épousé (1590) Philippe de Grasse de Cabris, fille d’Honoré de Grasse et de Lucrèce de Renaud. Son fils Annibal (+1625) n’eut pas d’héritiers et ses fiefs passèrent à sa soeur Mathilde, épouse de Jean-Ludovic Fabri.

II- L’avocat François Caissotti, préfet de Nice (1603), avec le titre de séna­teur et de conseiller d’État, fut investi des fiefs de Massoins, Tournefort et Rigaud (ce dernier avec le titre de comte), le 29 novembre 1622 ; ces fiefs retournèrent à la Couronne après la révision de 1720. L’avocat Jean-Paul (fils de François), lui aussi préfet de Nice, puis conseiller d’État et enfin sénateur du Sénat de Piémont (1627), épousa Béatrix Badat, héritière du fief de Roubion et fut investi dudit fief, avec le titre de comte, le 25 août 1684. De ses descen­dants nous citerons :


– Marcel-François, premier consul de Nice en 1699 ;

– Pierre, premier consul en 1727 ;

– un autre Marcel-François, premier consul en 1737 et héritier du nom et des titres des Galleani, comtes de Toudon, avec Ascros et Revest (1752). Mais il convient surtout de rappeler, dans cette branche, le comte Antoine-François et le comte Agapit.


Antoine-François (°1700 +1774) suivit la carrière diplomatique et fut successivement chargé des légations de Francfort, Naples et Madrid. En 1747, se trouvant à Nice, grâce à son courage et à son tact, en se rendant seul comme parlementaire auprès du duc de Belle-Isle, il réussit à sauver sa ville natale du pillage. Il fut ensuite nommé ministre d’État, vice-roi de Sardaigne (1775) et enfin Grand Croix de l’Ordre des Saints Maurice & Lazare.


Agapit (°1780 +1852), entré dans la vie publique sous le Premier Empire, fut conseiller municipal de Nice (1807), et fit partie de la députation niçoise qui se rendit à Paris à l’occasion du baptême du Roi de Rome (1812).

Il fut ensuite nommé adjoint au Maire (1812) et, l’année d’après, Maire de Nice, charge qu’il occupa jusqu’à la Restauration. Au retour des Souverains de Savoie, il fut nommé, par le Roi Charles-Félix, gentilhomme de sa chambre et vice-président de la Chambre d’agriculture et commerce de Nice (1825), après avoir été, sous le règne précédent, deux fois 1er Consul de Nice (1818 et 1819). Le Roi Charles-Albert lui décerna le titre de Conseiller d’État extraordinaire (1831), et, quelques années après, le nomma Commandeur de l’Ordre des Saints Maurice & Lazare (1835) et chef du Conseil de la Réforme des Etudes dans le Comté de Nice. Le comte Agapit fut, en outre, membre de la Congrégation de Charité et du Conseil Provincial, qu’il présida dans les Congrès divisionnaires de 1843 et 1845.


III. Une branche de la famille Caissotti, qui avait vécu dans l’obscurité jusqu’au XVIIème siècle, devait tout à coup acquérir une enviable notoriété pour s’éteindre ensuite, très rapidement, au courant du siècle dernier. Cette branche reconnaissait comme chef l’avocat Charles Caissotti, qui épousa, vers la fin du XVIIème siècle, Marie-Madeleine Bagnol. Leur fils Charles-Louis (°1694 +1779) après avoir pris son doctorat en droit, se distingua à un tel point dans l’exercice de la profession d’avocat, qu’à l’âge d’à peine 26 ans, il fut nommé substitut du procureur général près la Chambre des Comptes de Turin (1720) (3).


Chargé d’un travail relatif au Concordat, que le Piémont était alors en train de négocier avec la Curie romaine, il acquit de ce fait une telle renommée que le Roi Victor-Amédée le nomma procureur général (1723) et ensuite pre­mier président du Sénat de Piémont (1730), peu de jours avant son abdication. Le Roi voulut même que Caissotti fût le compilateur de l’acte écrit par lequel il renonçait au trône. Le président Caissotti avait été investi d’une portion du fief de Santa Vittoria, près d’Asti, le 3 août 1730, et il reçut ensuite le titre de comte de Santa Maria (8 janvier 1734) et de marquis de Verduno (18 juillet 1739) Les mérites qu’il avait acquis sous Victor-Amédée II, par la révision et la réimpression des Constitutions Royales (1729) et par la mise en ordre des Statuts de la nouvelle Université, ne furent pas méconnus par le Roi Charles­Emmanuel III qui conféra à Caissotti le grade de ministre d’Etat (1750), le nommant en outre notaire de la Couronne (1767) et enfin Grand Chancelier (1768) (4).

Son fils unique, le marquis Charles-Joseph-Casimir, mourut sans héritiers en 1799, en laissant son important patrimoine aux deux hôpitaux de la Charité et de Saint-Jean, à Turin.



Etai personnel actuel de la branche de Roubion.

– Delphine Caissotti, comtesse de Rou­bion,

1. Avec François, des marquis de Constantin de Châteauneuf

Marié avec sa cousine germaine, Delphine Caissotti de Roubion, née en 1840, fille du comte Agapit et de Paolina Ricci d’Andon ; celle-ci se remaria avec Léonard Rozy, et est décédée, en 1922, à Annot (Alpes de Haute-Provence) ; elle était la dernière représentante de cette illustre famille.


(1) Des Caissotti de Piémont, encore florissants, nous n’avons pas à parler ici, car on ne peut à aucun titre les considérer comme appartenant à la noblesse niçoise.

(2) Les fiefs de Mas et d’Aiglun appartinrent d’abord aux de Grasse, puis aux Malopera, qui les cédèrent aux Caissotti ; ils passèrent à la France par le traité de 1760.

(3) Pendant cette première partie de sa carrière, le substitut Caissotti, à cause de l’exiguité de ses ressources, vivait dans une chambrette, au dernier étage d’une humble maison de la rue Stampatori, à Turin. Il veillait là très tard dans la nuit pour travailler et étudier. On raconte que Victor-Amédée II, qui avait coutume de se promener la nuit par la ville, sous un costume d’emprunt, avait à plusieurs reprises remarqué cette lumière brûlant fort tard dans la nuit ; et un soir, comme il se trouvait avec le comte Tana, il voulut savoir quel était le veilleur obstiné de cette modeste chambre. C’est ainsi que le Roi, sous un prétexte quelconque, se présenta dans la maison du jeune substitut du procureur général et eut occasion d’en connaître le tempérament exceptionnel de travailleur et d’homme d’étude, d’où lui vint plus tard la fortune.

(4) Carutti (Storia del Regtto di Carlo Entattuele 111, vol. 11, pag. 39) décrit de la façon suivante les qualités du président Caissotti :

« Il avait un esprit net, une conception prompte, une mémoire fidèle et une facilité merveilleuse de s’assimiler les idées des autres, en le recouvrant d’un vernis qui lui était propre ; non qu’il étudiât beaucoup, mais il avait une connaissance très vaste des lois. On lui reconnais­sait une certaine versatilité dans l’esprit et aussi une courtisanerie excessive, unie à un grand orgueil d’homme nouveau, désireux de faire oublier l’humilité de son origine ; il fut, en somme, plutôt savant en droit que véritable jurisconsulte ».


Source: J. de ORESTIS DI CASTELNUOVO, « La Noblesse niçoise »,LAFFITTE REPRINTS,1912











 

 

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