Archive for janvier 2011

Les LAUGIER, Vicomtes de NICE






LAUGIER, famille apparue en 1070

Vicomtes de Nice, 1070; et seigneurs de :

Merindol ; 1109 (territoire allant du quartier Pasteur dans Nice à Saint-André-de-la-Roche)

sur la route de

Levens ; 1180

Dosfraires ; 1252 (commune du Broc 06)

Cour­segoules ; XIIIIe s

Revest ; 1271

La Tour-d’Utelle ; 1300

La Turbie ; 1311

Châteauneuf; XIVe s (Châteauneuf-Villevieille 06)

Roquesteron; 1330

La Roquette-sur­Var ; XIVe s

Desferres et Clans ; 1373

Saint-Jean d’Aurelles ; 1431

Toudon ; XVIe s

Bouyon et Bonson ; 1614

La Roquette-sur-Var

Famille CAISSOTTI

 

CAISSOTTI









 

Seigneur de Mas et Aiglun

Seigneur de Massoins et Tournefort

Comte de Rigaud

Comte de Roubion

Comte de Toudon,avec Ascros et Revest

Seigneur de Santa Vittoria

Comte de Santa Maria

Marquis de Verduno

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« d’or à l’aigle de sable, le vol abaissé, couronnée du champ et chargée en coeur d’un écusson coupé d’argent et de gueules ; au bras armé de fer au naturel, mouvant du flanc senestre, une massue d’argent à la main, en barre, brochant sur la partition »

 

Famille originaire de Tende, qui, dès le XVIème siècle, jouissait d’une grande notoriété et était déjà divisée en plusieurs bran­ches établies à Nice et en Piémont(1).

 

  1. Vincent Caissotti était premier Consul de Nice en 1588 ; celui-ci, avec son frère Barthélemy, avait été investi d’une partie du fief de Mas et d’Aiglun (2), le 29 novembre 1584, par suite d’achat fait aux Malopera. Le même Vincent Caissotti fut capitaine-général de Sospel pendant onze ans (1594-1605) et mourut titulaire de cette charge honorifique. Il avait épousé (1590) Philippe de Grasse de Cabris, fille d’Honoré de Grasse et de Lucrèce de Renaud. Son fils Annibal (+1625) n’eut pas d’héritiers et ses fiefs passèrent à sa soeur Mathilde, épouse de Jean-Ludovic Fabri.

II- L’avocat François Caissotti, préfet de Nice (1603), avec le titre de séna­teur et de conseiller d’État, fut investi des fiefs de Massoins, Tournefort et Rigaud (ce dernier avec le titre de comte), le 29 novembre 1622 ; ces fiefs retournèrent à la Couronne après la révision de 1720. L’avocat Jean-Paul (fils de François), lui aussi préfet de Nice, puis conseiller d’État et enfin sénateur du Sénat de Piémont (1627), épousa Béatrix Badat, héritière du fief de Roubion et fut investi dudit fief, avec le titre de comte, le 25 août 1684. De ses descen­dants nous citerons :

 

– Marcel-François, premier consul de Nice en 1699 ;

– Pierre, premier consul en 1727 ;

– un autre Marcel-François, premier consul en 1737 et héritier du nom et des titres des Galleani, comtes de Toudon, avec Ascros et Revest (1752). Mais il convient surtout de rappeler, dans cette branche, le comte Antoine-François et le comte Agapit.

 

Antoine-François (°1700 +1774) suivit la carrière diplomatique et fut successivement chargé des légations de Francfort, Naples et Madrid. En 1747, se trouvant à Nice, grâce à son courage et à son tact, en se rendant seul comme parlementaire auprès du duc de Belle-Isle, il réussit à sauver sa ville natale du pillage. Il fut ensuite nommé ministre d’État, vice-roi de Sardaigne (1775) et enfin Grand Croix de l’Ordre des Saints Maurice & Lazare.

 

Agapit (°1780 +1852), entré dans la vie publique sous le Premier Empire, fut conseiller municipal de Nice (1807), et fit partie de la députation niçoise qui se rendit à Paris à l’occasion du baptême du Roi de Rome (1812).

Il fut ensuite nommé adjoint au Maire (1812) et, l’année d’après, Maire de Nice, charge qu’il occupa jusqu’à la Restauration. Au retour des Souverains de Savoie, il fut nommé, par le Roi Charles-Félix, gentilhomme de sa chambre et vice-président de la Chambre d’agriculture et commerce de Nice (1825), après avoir été, sous le règne précédent, deux fois 1er Consul de Nice (1818 et 1819). Le Roi Charles-Albert lui décerna le titre de Conseiller d’État extraordinaire (1831), et, quelques années après, le nomma Commandeur de l’Ordre des Saints Maurice & Lazare (1835) et chef du Conseil de la Réforme des Etudes dans le Comté de Nice. Le comte Agapit fut, en outre, membre de la Congrégation de Charité et du Conseil Provincial, qu’il présida dans les Congrès divisionnaires de 1843 et 1845.

 

III. Une branche de la famille Caissotti, qui avait vécu dans l’obscurité jusqu’au XVIIème siècle, devait tout à coup acquérir une enviable notoriété pour s’éteindre ensuite, très rapidement, au courant du siècle dernier. Cette branche reconnaissait comme chef l’avocat Charles Caissotti, qui épousa, vers la fin du XVIIème siècle, Marie-Madeleine Bagnol. Leur fils Charles-Louis (°1694 +1779) après avoir pris son doctorat en droit, se distingua à un tel point dans l’exercice de la profession d’avocat, qu’à l’âge d’à peine 26 ans, il fut nommé substitut du procureur général près la Chambre des Comptes de Turin (1720) (3).

 

Chargé d’un travail relatif au Concordat, que le Piémont était alors en train de négocier avec la Curie romaine, il acquit de ce fait une telle renommée que le Roi Victor-Amédée le nomma procureur général (1723) et ensuite pre­mier président du Sénat de Piémont (1730), peu de jours avant son abdication. Le Roi voulut même que Caissotti fût le compilateur de l’acte écrit par lequel il renonçait au trône. Le président Caissotti avait été investi d’une portion du fief de Santa Vittoria, près d’Asti, le 3 août 1730, et il reçut ensuite le titre de comte de Santa Maria (8 janvier 1734) et de marquis de Verduno (18 juillet 1739) Les mérites qu’il avait acquis sous Victor-Amédée II, par la révision et la réimpression des Constitutions Royales (1729) et par la mise en ordre des Statuts de la nouvelle Université, ne furent pas méconnus par le Roi Charles­Emmanuel III qui conféra à Caissotti le grade de ministre d’Etat (1750), le nommant en outre notaire de la Couronne (1767) et enfin Grand Chancelier (1768) (4).

Son fils unique, le marquis Charles-Joseph-Casimir, mourut sans héritiers en 1799, en laissant son important patrimoine aux deux hôpitaux de la Charité et de Saint-Jean, à Turin.

 

 

Etai personnel actuel de la branche de Roubion.

– Delphine Caissotti, comtesse de Rou­bion, mariée :

1. Avec François, des marquis de Constantin de Châteauneuf

2. Avec M. Rozy.

 

(1) Des Caissotti de Piémont, encore florissants, nous n’avons pas à parler ici, car on ne peut à aucun titre les considérer comme appartenant à la noblesse niçoise.

(2) Les fiefs de Mas et d’Aiglun appartinrent d’abord aux de Grasse, puis aux Malopera, qui les cédèrent aux Caissotti ; ils passèrent à la France par le traité de 1760.

(3) Pendant cette première partie de sa carrière, le substitut Caissotti, à cause de l’exiguité de ses ressources, vivait dans une chambrette, au dernier étage d’une humble maison de la rue Stampatori, à Turin. Il veillait là très tard dans la nuit pour travailler et étudier. On raconte que Victor-Amédée II, qui avait coutume de se promener la nuit par la ville, sous un costume d’emprunt, avait à plusieurs reprises remarqué cette lumière brûlant fort tard dans la nuit ; et un soir, comme il se trouvait avec le comte Tana, il voulut savoir quel était le veilleur obstiné de cette modeste chambre. C’est ainsi que le Roi, sous un prétexte quelconque, se présenta dans la maison du jeune substitut du procureur général et eut occasion d’en connaître le tempérament exceptionnel de travailleur et d’homme d’étude, d’où lui vint plus tard la fortune.

(4) Carutti (Storia del Regtto di Carlo Entattuele 111, vol. 11, pag. 39) décrit de la façon suivante les qualités du président Caissotti :

« Il avait un esprit net, une conception prompte, une mémoire fidèle et une facilité merveilleuse de s’assimiler les idées des autres, en le recouvrant d’un vernis qui lui était propre ; non qu’il étudiât beaucoup, mais il avait une connaissance très vaste des lois. On lui reconnais­sait une certaine versatilité dans l’esprit et aussi une courtisanerie excessive, unie à un grand orgueil d’homme nouveau, désireux de faire oublier l’humilité de son origine ; il fut, en somme, plutôt savant en droit que véritable jurisconsulte ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MARTINI de CHATEAUNEUF

MARTINI de CHATEAUNEUF

Coupé : dans le premier d’azur à l’agneau d’argent passant, surmonté par une étoile d’or; dans le second, de sinople à deux rosiers d’or nourris sur un gazon du même en pointe. »

DEV. – a Deus videt ».

Seigneur de Châteauneuf

Seigneur de Puget et de Figanières

Seigneur de Châteauneuf

Comte de Pigna

Seigneur de Dosfraires

Famille d’origine toscane, dit-on, établie à Nice et dans diverses localités du Comté au XV- siècle.

Raphaël Martini était, en 1438, aubergiste à Nice; en 1446, il fut élevé à la charge de second consul et enfin, le 14 juin 1447, il recevait des patentes de noblesse du duc de Savoie. Le même Martini acquit une partie du fief de Châteauneuf, le 17 mars 1456 ; n’ayant pas eu d’enfants, il choisit comme héritier, Ludovic Martini, fils de François (frère du susnommé Raphaël) et de Yolande du Puget. Ludovic avait hérité en 1461 de son oncle maternel, Guillaume du Puget, dont il prit les armes et le titre . Il épousa une demoiselle Marguerite de Villeneuve-Trans et s’établit en Provence, où en 1533, il est qualifié seigneur de Figanières. Entre 1465 et 1495, il vendit tous ses fiefs et biens situés dans le Comté de Nice. L’histoire de sa descendance devient dès lors étrangère à la noblesse niçoise, d’autant plus qu’il changea même le nom de Martini pour prendre celui de « du Puget ».

D’autres Martini, établis d’abord à Utelle et connus dés 1503 par un Antoine Martini, devinrent propriétaires d’une autre partie du fief de Châteauneuf en la personne de Jacques Martini, neveu d’Antoine. Jacques avait épousé Françoise de Belmondi de Castelnuovo et acquit de son beau-frère Jacques de Belmondi une nouvelle portion de ce même fief dont il reçut l’investiture régulière le 25 février 1587. André, son frère, fut délégué apostolique à Rome et obtint le titre personnel de patricien romain par lettres patentes du 27 mai 1576.

Jacques Martini eut plusieurs fils, parmi lesquels Ludovic, ou Louis (+ 1621) jurisconsulte habile, protonotaire apostolique, choisi par les rois Henri IV de France et Philippe II d’Espagne pour rédiger leurs actes de mariage respectifs et qui fut enfin (1611) évêque d’Aoste. Des frères de Ludovic : Alexandre, Jean André et Pierre, ont pris naissance trois branches distinctes de cette famille.

a) Alexandre épousa Lucrèce Roccamaura, des seigneurs de Châteauneuf: son fils André se maria avec Marguerite Marchesan, des barons de Coaraze. De ce mariage naquit Charles-Honoré qui, marié à son tour avec Marie Lascaris de Vintimille, en eut un fils, Camille, qui épousa Lucrèce-Marie Rossi di Castelnuovo. Le fils de ce dernier, Jean-Baptiste, eut, de son union avec Camille Bonfiglio de la Roquette, plusieurs fils qui sont : Victor-Amédée, abbé ; Barthélemy, major au château de Villefranche ; Jean-Jérôme, de qui descendit l’avocat Charles-Anselme (+ 1822), sénateur du Sénat Royal de Nice(1), et Pierre.

Du mariage de ce dernier avec Rose Saissi de Châteauneuf naquirent divers fils, parmi lesquels nous mentionnerons Joseph (° 1764 – +1844), qui après avoir parcouru la carrière des armes dans l’infanterie sarde, fut, avec le grade de colonel, commandant de la ville d’Ivrée (1830) puis commandant de la place de Villefranche (1835) et fut enfin promu major-général et mis à la retraite avec le grade de lieutenant général. Il eut comme fils : 1° Alexandre, major d’infanterie dans l’Armée royale sarde, chevalier des Saints Maurice et Lazare, décoré d’une médaille d’argent à la valeur militaire, pour s’être distingué dans le combat de Volta (1848) ;

2° Candide, capitaine d’infanterie dans l’Armée royale sarde;

3° Xavier (° 1813 – +1889). Ce dernier, muni du diplôme de docteur en droit, fut d’abord substitut avocat fiscal près la préfecture d’Oreille, puis substitut avocat fiscal général à Nice (1857) et enfin conseiller de première classe et président de section à la cour d’appel de Bologne. Il était commandeurde l’ordre des Saints Maurice et Lazare et de la Couronne d’Italie. De son mariage avec Antoinette Suaut naquirent:

1- Joseph (°1840 – +1866), officier des bersagliers dans l’Armée royale italienne, mort à la bataille de Custozza, au moment où, à la tête de son peloton, il s’élançait hardiment à la conquête d’un drapeau ennemi: il eut pour ce beau fait d’armes la médaille. d’argent à la valeur militaire;

2- Charles (+ 1911), docteur ès-sciences naturelles, fut volontaire au 10ème régiment garibaldien en 1866, puis, sous le général Acerbi, dans la campagne de l’Agro Romano (1867).

b) Jean-André, autre fils de Jacques Martini, fut colonel et commandant de la place de Nice (1631). Il avait épousé (1614) Lucrèce Orsiero, des seigneurs de Gilette : ses fils suivirent eux aussi la carrière des armes. Camille fut gouverneur de Verrua et général aide de camp du duc de Savoie;

Alexandre fut gouverneur du Château de Saint-Hospice, et de son mariage avec Antonia de Moretta naquit Jean-André (° 1681 – + 1738) qui fut colonel du régiment de Marine, puis général et mourut sans enfant.

  1. Enfin, Pierre (le dernier des fils de Jacques Martini qui aient eu une descendance) eut de son mariage avec Madeleine de Fabry divers fils, savoir:

    1- Jean-François, chef de la lignée à laquelle appartient Claude-César Martini (déjà investi du fief de Dosfraires), qui reçut, le 7 juin 1788, l’investiture de Pigna avec le titre de comte. Son fils, le comte César-Célestin, n’ayant pas d’héritier, obtint de pouvoir transmettre le titre de comte de Pigna au lieutenant Michel Berra (patentes royales du 19 décembre 1827) ;

    2- Jean-Ludovic, qui de son mariage avec Perinette de Vento eut un fils, Lucas, capitaine des galères d’Espagne. De l’union de Lucas (1614) avec Camille Rostagni naquirent :

    a) Antoine, colonel des gardes wallonnes, qui devint la souche d’une branche de la famille établie en Espagne, où elle eut le titre de grand d’Espagne;

    b) Camille, lequel, après avoir servi dans l’armée française, s’établit à Monaco et fut (1671) commandant en chef des milices de la Principauté. Son fils Lucas-Antoine fut auditeur général et viguier du prince de Monaco (1693): il épousa Catherine Mazzena et c’est de lui que descendent les Martini de Châteauneuf, établis à Menton.


    Blason extrait de

    BLASONARIO SUBALPINO http://xoomer.virgilio.it/blasonpiemon/Pagina6.html