CORPORANDI d’AUVARE

CORPORANDI d’AUVARE


« Coupé, dans le premier, d’azur à trois étoiles (8) d’argent ordonnées en fasce ; dans le second, de gueules à deux cors de chasse adossés, les embouchures passées en sautoir. »


Baron d’Auvare.

Seigneur de la Croix


Louis Corporandi, notable de la Croix, acquit (1705) des Grimaldi le fief d’Auvare et en fut investi dans la Chambre des Comptes de Provence, le 20 mai 1706. Son fils André, préfet de Barcelonnette (1738) épousa une demoiselle d’Amicis de Verraillon et en eut de nombreux enfants,(2)parmi lesquels nous rappellerons :

1° Joseph-Claude, qui reçut en don de son père le fief d’Auvare (1740) et, avec l’assentiment du Roi de Sardaigne, acquit le 3 juin 1773, du marquis Villeneuve de Beauregard, la moitié du fief de la Croix. Il mourut sans héritiers.

2° Pierre-François succéda à son frère aîné dans la possession des fiefs de famille et obtint le titre de baron sur le fief d’Auvare par patentes royales du 7 juin 1774. – Nous parlerons plus loin de sa descen­dance.

3° Gaspard, le personnage le plus illustre de la famille au XVIIIème siècle.

Gaspard d’Auvare (°1722 +1804) après s’être dédié avec succès aux études mathématiques, entra comme volontaire (1745) dans le corps du génie de l’Armée française (3) et prit part à la guerre de la succession d’Autriche, où il assista au combat de Bassignana et aux sièges de Tortone, Alexandrie, Valence et Casal ; à ce dernier siège, il reçut une très grave blessure. Il avait été, entre temps, nommé sous-lieutenant et lieutenant au régiment d’Aquitaine

et, après la guerre, il fut versé dans le corps des ingénieurs (1750) où il attei­gnit quelques années après le grade de capitaine (1754). Depuis cette époque jusqu’au 9 mars 1788, date de sa nomination au grade de maréchal de camp, nous ne le suivrons pas dans tous les grades qu’il parcourut, mais nous le retrouverons au camp de Beaucaire, où sa conduite lui mérita les bienfaits du gouvernement ; en Westphalie et sur le Rhin, où il se couvrit de gloire ; à l’île d’Oleron, menacée par les Anglais ; dans le Kessel et sur le Main et enfin dans les campagnes corses, où il sut montrer beaucoup de talent, d’intelligence et de courage. Il avait reçu la croix de Saint-Louis dès l’année 1770. Aux débuts de la Révolution, le général d’Auvare jouissait à Entrevaux d’un repos bien gagné, lorsqu’il fut, par décret du gouvernement révolutionnaire, nommé général de division et mis à la tête de la division des Pyrénées-Orientales. Il se trouva ainsi, à soixante-dix-ans, engagé dans la campagne contre les Espa­gnols. Ceux-ci ayant renoncé à attaquer, il retourna à son village natal de la Croix et y vécut jusqu’à sa mort, confirmé dans son grade par Napoléon Ier. Pour honorer de façon durable la mémoire du général d’Auvare, le gouvernement français a donné son nom à la caserne de Riquier, à Nice.

Le baron Pierre-François d’Auvare eut trois enfants qui suivirent tous trois la carrière des armes :

 

– Paul, qui atteignit le grade de lieutenant-colonel dans l’Armée royale sarde;

– Auguste, capitaine dans l’armée napoléonienne et

– Joseph-Félix, le plus illustre des trois frères.

 

Joseph-Félix d’Auvare (°1763 +1846) fut nommé à vingt ans sous-lieu­tenant au Régiment de Nice. Capitaine, durant la guerre des Alpes, il se signala aux combats de Raous, de la Tour, d’Utelle et de Saint-Véran ; après avoir momentanément quitté le service, lors de l’occupation française, il fut à la Restauration promu major et, peu de temps après, lieutenant-colonel (1817) et enfin colonel (1821). C’est avec ce grade qu’il commanda la place de San-Remo, puis, pendant plusieurs années, celle de Savone. Il avait été décoré des Croix des Saints Maurice & Lazare et de l’Ordre Militaire de Savoie. Au moment de sa mise à la retraite, il fut promu au grade de major général. Il a laissé de précieux manus­crits sur les campagnes auxquelles il a pris part. Ses trois fils, Marcelin, Phi­lippe-Auguste et Alexandre, ont accru tous trois le lustre et le renom de leur famille.

 

Le baron Marcelin (°1795 +188o) a parcouru la carrière militaire dans l’arme des carabiniers royaux sardes jusqu’au grade de lieutenant-colonel ; promu colonel dans l’infanterie, il commanda pendant plusieurs années le 4ème régiment de cette arme et fut mis à la retraite (1848) avec le grade de major général ; il était chevalier des Saints Maurice & Lazare .

 

Philippe-Auguste (°18o6 +1889), élève de l’Ecole Royale de Marine à l’âge de dix ans, était déjà, à dix-sept ans, sous-lieutenant de vaisseau, grade avec lequel il rit part à la campagne de Tripoli en Septembre 1825.

Comme capitaine de vaisseau, il fit la campagne de 1848 (2) dans l’Adriatique et au mois de mai de l’année suivante il fut promu contre-amiral et nommé commandant du 1er département maritime. En 185o, il fut chargé provisoire­ment du commandement général de la marine royale, dont le titulaire était alors le prince de Carignan, Eugène de Savoie.

Cavour, premier ministre de la Marine du Royaume de Sardaigne, appréciant l’intelligence, l’énergie et le caractère d’élite de l’amiral d’Auvare(3) le nomma définitivement commandant général de la marine, le 14 janvier 1851. Lorsque Cavour abandonna le porte­feuille de la Marine, l’amiral d’Auvare se retira du service et eut la Croix de Commandeur des Saints Maurice & Lazare (1852). Pendant la guerre de 1859, l’amiral d’Auvare fut rappelé par la confiance de Cavour et nommé une fois encore comman­dant général de la marine ; quatre mois après, la guerre étant terminée, il fut de nouveau mis en congé. Il eut plus tard le grade de vice-amiral et la Grand’Croix des Saints Maurice & Lazare.

 

Alexandre (°1809 +1888). Entré à douze ans à l’Académie Royale militaire à Turin, il était, à 17 ans, lieutenant d’artillerie. Major en 1847, il prit part, avec ce grade, à la campagne de 1848 et à celle de 1849, et mérita, pour cette dernière, une médaille d’argent à la valeur militaire. Il suivit ensuite la campagne de 1859 avec le grade de colonel, fut promu major-général l’année suivante (1860) et finalement lieutenant-général en 1862. En cette qualité, il fit partie pendant de longues années du Comité d’artillerie et fut mis à la retraite à la fin de l’année 1870. Il était Grand Officier des Saints Maurice & Lazare et Grand’Croix de la Couronne Italienne : il fut intime ami du comte de Cavour (4). De ces trois frères, un seul, le baron Marcelin, eut des héritiers : son fils aîné, le baron Louis, brillant officier de cavalerie dans l’Armée italienne, prit part aux campagnes de 1866 et 1870 et puis se retira avec le grade de capitaine. Il mourut sans enfants.

Le fils puîné est le baron Alexandre (°1845), qui a fait toute sa carrière dans l’artillerie. Il fut aide de camp effectif du roi Humbert et, comme colonel, après avoir commandé pendant plusieurs années le 4ème régiment d’artillerie, il fut appelé aux importantes fonctions de com­mandant en second de l’Ecole d’application de l’artillerie et du génie : il remplissait encore cette charge lorsqu’il se retira volontairement du service. Il est maintenant (1912) major-général de la réserve de l’Armée Royale Italienne, décoré des médailles commémoratives pour les campagnes de 1866 et 1870 et de la croix d’or pour ancienneté de services, Officier des Saints Maurice & Lazare, Commandeur de la Couronne Italienne, de la Couronne de Prusse, de la Couronne des Wendes de Mecklembourg et de Sainte-Anne de Russie, président de la Société italienne de bienfaisance à Nice.

 

Etat personnel actuel(1912)

 

– Alexandre Corporandi, baron d’Auvare et seigneur de la Croix, major-général dans l’Armée Royale Italienne; a épousé Polyxène Cacherano d’Osasco, des comtes de Rocca d’Arazzo et de Cantarana+

Fils :

1. Baron Marcelin, lieutenant de cavalerie dans l’Armée Royale Italienne.

2. Angélique.

3. Clotilde.

 

Sœurs :

1. Euphrasie, veuve du baron Aimé Héraud de Châteauneuf.

2. Antoinette, a épousé le baron Charles Galleani de St-Ambroise, contre-­amiral dans la Marine Royale Italienne.

 

 

 

 

 

  1. Cette expédition, très honorable pour la petite marine sarde, est peu connue. En 1825 le bey de Tripoli, interprétant arbitrairement une clause des traités, existant entre la Régence et le royaume de Sardaigne, émit des prétentions téméraires que le gouvernement sarde repoussa formellement : en suite de quoi le Bey déclara le guerre. Le gouvernement sarde expédia immédiatement à Tripoli une escadre de deux frégates, une corvette et un brigantin, au commandement du contre-amiral Sivori.

L’escadre arriva devant Tripoli le 25 septembre. Comme on ne pouvait, à cause du mauvais temps, s’approcher du rivage à portée de canon, l’amiral sarde décida de faire une attaque à l’abordage contre les navires tripolitains ancrés dans le port, Dans la nuit du 26 au 27 septembre trois escadrilles de lances armées réussirent à pénétrer dans le port et,, après un vif combat, elles s’emparèrent des navires ennemis et y mirent le feu, se retirant ensuite à bord de l’escadre, Le lendemain matin, pendant que les Sardes, s’étant approchés du rivage, s’apprêtaient à bombarder la ville, le Bey, subitement assagi, demanda la paix et accorda toutes les satisfactions qui lui furent demandées.

(2) Il commandait la frégate « Des Geneys. En mars 1849, quand arriva l’ordre qui rappelait l’escadre à Gênes, les équipages se mutinèrent. d’Auvare, dans cette occasion, fit preuve d’une grande énergie : il rassembla son équipage et réussit à le ramener à l’obéissance en le menaçant, si la sédition continuait, de mettre le feu à la Sainte-Barbe et de faire sauter sa frégate.

(3) De l’estime que le comte de Cavour professa pour l’amiral d’Auvare font foi beaucoup de lettres publiées par M. Chiala (L. Chiala ; Lettere di Cavour) et notamment les lettres MCCLXXXIV, MCCXCVI et MCCC, toutes dans le volume V.

(4) Dans une de ses lettres, le comte de Cavour appelle le général Alexandre d’Auvare, « un de mes plus intimes et anciens amis.»

(2) Parmi les femmes, est digne de mention : Anna (n. 1735 – i 1836) qui épousa le comte jean­François Alziary de Malaussena.

(3) II n’est peut-être pas inutile de rappeler ici qu’aussi bien Auvare que La Croix ne firent partie du Royaume de Sardaigne qu’après le traité de 1860, par conséquent, jusqu’à ce moment, les Corporandi furent sujets français.

 

ROSSI de CASTELNUOVO

ROSSI

 

« d’azur au lion d’or lampassé de gueules et couronné à l’antique adextré par une étoile d’or »

Comte de Peillon,

Seigneur de Castelnuovo

Ancienne famille connue depuis le XIVème siècle. Les deux frères Barthélemy l’aîné et Barthélemy le cadet (fils d’Antoine Rossi) furent investis le 3 mars 1592 d’une partie du fief de Castelnuovo qu’ils avaient acquis de la famille Masin. Barthélemy le cadet, de son mariage avec Bartho­lomée Peyre n’eut pas de descendance. Barthélemy l’aîné se maria deux fois de son premier mariage (1561) avec Devote Milonis, naquirent Jean, Honoré et Jules ; du second mariage avec Antonia Peyre naquirent Antoine et Etienne. Jean, docteur endroit (1609), fut moine de Saint-Pons ; Honoré, frère capucin ; Jules épousa Jeannette Cotto et en eut seulement une fille, Françoise, mariée (1637) à l’avocat Jean-François De Orestis; Etienne mourut célibataire; Antoine épousa (1610) Françoise, fille de Jean-Jacques Masin et c’est de lui que descen­dirent, entr’autres, Gaspard, qui fut premier consul de Nice en 1651, et Mar­guerite, mariée à François Rocchioni.Dans la première moitié du XVIII » » siècle, Just Rossi épousa Camille Tonduti de l’Escarène et leur fils Antoine (+1785) hérita de Joseph Tonduti, frère de Camille, une portion du fief de Peillon dont le susdit Antoine obtint d’être investi avec le titre de comte, le 9 mai 1778. Son fils, le comte Jean­-Baptiste épousa Elisabeth Ribotti, des comtes de Valdeblore (n. 1771).De ce mariage naquirent trois fils : Gaëtan, Antoine (+1844) et Laurent +1852). Laurent mourut célibataire. Gaëtan eut seulement une fille Fortunée (+1885) qui épousa le comte Clément Alziary de Malausséna. Antoine eut lui aussi une fille unique Elisabeth (+1904) qui fut la dernière représente de cette noble famille et qui se maria au comte Auguste Avet.

Famille éteinte.

DORIA de DOLCEACQUA

« coupé d’or et d’argent, à l’aigle de sable couronnée, becquée et armée de gueules »

Seigneur (1270)

Marquis (1652)

Oberto DORIA

Acquiert

Dolceacqua (1270-1276)

Apricale, Isolabona, Perinaldo (1287-1288) d’où

Andriolo (ou Raffo ?) d’où

Domenico d’où

Moruele (+1348)

Soutient deux sièges provenceaux

Paix de Pigna (1331) d’où

Imperiale (+1387)

Guerre contre la Provence

Paix du Lac de Pigo (1365) d’où

Enrichetto (+1458) d’où

Bartolomeo d’où

Luca

x

Francesca GRIMALDI fille du Seigneur de Monaco d’où Bartolomeo et Luca qui suit :

– 1-Bartolomeo II (+1525)

Assassine son oncle Luciano di Monaco

Inféode la seigneurie à la Maison de Savoie(1524) d’où

Imperiale II (+1533)

Stefano (1522 – +1580) Comte della Rocchetta (1559) fut Gouverneur de Nice et Comté à partir

du 30 Juillet 1551, puis capitaine général de la ville et du Comté le 5 Décembre 1560.

x 1552 Appolonie GRIMALDI fa de Charles GRIMALDI de CHATEAUNEUF, Seigneur de Rimplas et Tourette-Revest et de Philippine RIQUIER d’EZE.

-2- Luca (ne règne pas) d’où

Giulio (+1608) d’où

Imperiale III (+1625) d’où

Carlo (+1651) d’où

Francesco (créé marquis en 1652,+1676) d’où

– 1-Giulio Amedeo (ne règne pas) d’où

Carlo Francesco (+1779) et

Gio Battista

-2- Carlo Imperiale (+1715) d’où

Antonio Costantino (+1727)

Marco Antonio (+1750)

En 1794, le marquisat est supprimé et annexé à la France. Ne sera jamais reconstitué.

Comtes SPITALIERI de CESSOLE

« d’azur, au pélican d’argent dans son nid, avec sa piété de gueules, surmonté par trois étoiles d’or ordonnées en chef »

Comte de Cessole(§)

Noble des comtes de Cessole

Marquis de Châteauneuf(*)

Noble des marquis de Châteauneuf et des comtes de Cessole(**)

Famille originaire de Barcelonnette, connue depuis le XVIè siècle à Nice où, jusqu’au milieu du XVIIIè siècle, elle exerça le commerce avec honneur.

Jean-Joseph, négociant, fut père d’Honoré-François, lequel, le 23 mai 1775, obtint des lettres de noblesse et, par patentes de même date, fut inféodé du lieu de Cessole (i) avec le titre de comte, fief dont il prit l’investiture régulière le 26 juin 1775. Du comte Honoré-François naquit le comte jean-joseph, qui épousa la demoiselle Rosalie Ripert, des marquis de Monclar. De ce mariage naquirent :

1- Le comte Hilarion (n. 1776 +1845), lequel fit ses études au collège Tolomei, de Sienne, où il prit son doctorat en droit (1795) et entra ensuite dans la magistrature. Deux ans après, cependant, il abandonnait la carrière qu’il avait entreprise et était nommé lieutenant d’artillerie. S’étant retiré à Nice après la bataille de Marengo, il y reprit ses études de jurisprudence et, à la Restauration, fut nommé premier officier au ministère des Finances et, tout de suite après, sénateur au Sénat Royal de Nice (1815). Par la suite, il géra le Consulat de la Mer, eut le titre de Président, et enfin (1835) fut nommé premier Président du Sénat de Nice, charge qu’il occupa jusqu’à sa mort. Comme chef du Conseil de Santé, il déploya beaucoup de zèle durant l’épidémie cholérique et reçut en récompense le grand cordon des SS. M. et L. (1835). Auteur appré­cié de travaux historiques et littéraires (2), fut membre correspondant de la Dépu­tation royale d’Histoire Nationale ;

2- Eugène (+1864) ; dans sa jeunesse, fut lieutenant au régiment de Suse, puis, entré dans les Ordres, devint successivement chanoine et abbé mitré de Saint-Pons ; il est le fondateur des Filles de la Providence, connues sous le nom de « Cessolines » ; ce fut un prêtre très éclairé et bienfaisant (*) ; Chevalier des SS. M. et L.

3° Sabine, mariée au comte Ignace Thaon de Pralungo ;

4° Julie, mariée au comte Frédéric Ricardi di Netro;

5° Joséphine (+1842), mariée en 1803 au comte Michel-Louis Brucco di Sordevolo (2).

Des fils du comte Hilarion (3), citons :

Charles, lequel, par assentiment royal en date du 9 septembre 1828, hérita de la marquise Delphine Peyre, sa tante, le titre de marquis de Châteauneuf, et Eugène. Ce dernier, docteur en droit, suivit la carrière paternelle, fut substitut du procureur général, puis sénateur au Sénat royal de Nice, et enfin conseiller de Cour d’appel jusqu’à l’annexion ; il était chevalier des SS. M. et L. (1857) et de la Légion d’Honneur.

De la génération présente, rappelons le noble Victor Spitalieri de Cessole, président du Club Alpin (section des Alpes-Maritimes), vice-président du Bureau de Bienfaisance de Nice, et auteur de nombreuses et très appréciées monogra­phies alpines (4).

État personnel actuel.(1912) – Ludovic Spitalieri, comte de Cessole.

Mère : Lucienne Thomas, veuve du comte Joseph Spitalieri de Cessole.

Tantes : Delphine, mariée à M. Franzosini.

2. Mathilde, dame de l’Ordre de Thérèse de Bavière.

(5) Cousines : Delphine-Eugènie, marquise de Châteauneuf, veuve du Chevalier Julien de Boisonneaux de Chevigny.

2. Giorgina.

(6) Autres cousins : Victor, président du Club Alpin de Nice.

2. Léonie, mariée au Chevalier Eugène Garin, des comtes de Cocconato.

(*) A l’occasion de sa mort, le général Marcelin d’Auvare en écrivit l’éloge: « Essai d’éloge de Dg. le chanoine Spitalieri de Cessole.»

(2) La vie de Joséphine Spitalieri Brucco di Sordevolo a été écrite par sa propre fille Eugénie, dame du Sacré-Coeur, dans un livre qui a pour titre : « Notice sur la comtesse Joséphine Brucco di Sordevolo, niée Spitalieri de Cessole, parfait modèle des mères chrétiennes. »

(3) Il avait épousé la demoiselle Peyre de Châteauneuf.

(4) Le Catalogue de la Bibliothèque de Nice enregistre plus de 40 de ces publications ; nous en omettons la nomenclature pour raisons de brièveté.

(§) Cessole, près Acqui, en Piémont, fut le fief des Scarampi, des Valperga et des Scaglia di Verrua. Ayant fait retour à la Couronne sarde, il fut acquis par Honoré-François Spitalieri.

(2) Il a publié une Notice sur la Turbie, monument des Trophées d’Auguste, et sur la voie Julia Augusta.

(*)(**) pour la descendance de Charles SPITALIERI seulement.

Famille CAISSOTTI

« d’or à l’aigle de sable le vol abaissé couronnée du champ et chargée en coeur d’un écusson coupé d’argent et de gueules; au bras armé de fer au naturel,mouvant du flanc senestre, une massue d’argent à la main, en barre, brochant sur la partition »

Seigneur de Mas et Aiglun
Seigneur de Massoins et Tournefort
Comte de Rigaud
Comte de Roubion
Comte de Toudon avec Ascros et Revest
Seigneur de Santa Vittoria
Comte de Santa Maria
Marquis de Verduno

« Certatim »


Famille originaire de Tende, qui, dès le XVI »‘° siècle, jouissait d’une grande notoriété et était déjà divisée en plusieurs bran­ches établies à Nice et en Piémont(1).

I, Vincent Caissotti était premier Consul de Nice en 1588. Celui-ci, avec son frère Barthélemy, avait été investi d’une partie du fief de Mas et d’Aiglun (3), le 29 novembre 1584, par suite d’achat fait aux Malopera. Le même Vincent Caissotti fut capitaine-général de Sospel pendant onze ans (1594-16o5) et mourut titulaire de cette charge honorifique. Il avait épousé (1590) Philippe de Grasse de Cabris, fille d’Honoré de Grasse et de Lucrèce de Renaud. Son fils Annibal (+ 1625) n’eut pas d’héritiers et ses fiefs passèrent à sa soeur Mathilde, épouse de Jean-Ludovic Fabri.


II. L’avocat François Caissotti, préfet de Nice (16o3), avec le titre de séna­teur et de conseiller d’Etat, fut investi des fiefs de Massoins, Tournefort et Rigaud (ce dernier avec le titre de comte), le 29 novembre 1622; ces fiefs retournèrent à la Couronne après la révision de 1720. L’avocat Jean-Paul (fils de François), lui aussi préfet de Nice, puis conseiller d’Etat et enfin sénateur du Sénat de Piémont (1627), épousa Béatrix Badat, héritière du fief de Roubion

et fut investi du dit fief, avec le titre de comte, le 25 août 1684. De ses descen­dants nous citerons : Marcel-François, premier consul de Nice en 1699 ; Pierre, premier consul en 1727 ; un autre Marcel-François, premier consul en 1737 et héritier du nom et des titres des Galleani, comtes de Toudon, avec Ascros et Revest (1752). Mais il convient surtout de rappeler, dans cette branche, le comte Antoine-François et le comte Agapit.

Antoine-François (n. 1700 – + 1774) suivit la carrière diplomatique et fut successivement chargé des légations de Francfort, Naples et Madrid. En 1747, se trouvant à Nice, grâce à son courage et à son tact, en se rendant seul comme parlementaire auprès du duc de Belle-Isle, il réussit à sauver sa ville natale du pillage(1). Il fut ensuite nommé ministre d’État, vice-roi de Sardaigne (1775) et enfin Grand Croix de l’Ordre des SS. M. et L.

Agapit (n. 1780 – + 1852), entré dans la vie publique sous le Premier Empire, fut conseiller municipal de Nice (1807), et fit partie de la députation niçoise qui se rendit à Paris à l’occasion du baptême du Roi de Rome (1812) ;

il fut ensuite nommé adjoint au Maire (1812) et, l’année d’après, Maire de Nice, charge qu’il occupa jusqu’à la Restauration. Au retour des Souverains de Savoie, il fut nommé, par le Roi Charles-Félix, gentilhomme de sa chambre et vice-président de la Chambre d’agriculture et commerce de Nice (1825), après avoir été, sous le règne précédent, deux fois Ier Consul de Nice (1818 et 1815). Le Roi Charles-Albert lui décerna le titre de Conseiller d’État extraordinaire (1831), et, quelques années après, le nomma comm. des SS. M. et L. (1835) et chef du Conseil de la Réforme des Etudes dans le Comté de Nice. Le comte Agapit fut, en outre, membre de la Congrégation de Charité et du Conseil Provincial, qu’il présida dans les Congrès divisionnaires de 1843 et 1845.

III. Une branche de la famille Caissotti, qui avait vécu dans l’obscurité jusqu’au XVIIme siècle, devait tout à coup acquérir une enviable notoriété pour s’éteindre ensuite, très rapidement, au courant du siècle dernier. Cette branche reconnaissait comme chef l’avocat Charles Caissotti, qui épousa, vers la fin du XVIIème siècle, Marie-Madeleine Bagnol. Leur fils Charles-Louis (n. 1694 – t 1779) après avoir pris son doctorat en droit, se distingua à un tel point dans l’exercice de la profession d’avocat, qu’à l’âge d’à peine 26 ans, il fut nommé substitut du procureur général près la Chambre des Comptes de Turin (1720) (2).

Chargé d’un travail relatif au Concordat, que le Piémont était alors en train de négocier avec la Curie romaine, il acquit de ce fait une telle renommée que le Roi Victor-Amédée le nomma du coup procureur général (1723) et ensuite pre­mier président du Sénat de Piémont (1730), peu de jours avant son abdication. Le Roi voulut même que Caissotti fût le compilateur de l’acte écrit par lequel il renonçait au trône. Le président Caissotti avait été investi d’une portion du fief de Santa Vittoria, près d’Asti, le 3 août 173o, et il reçut ensuite le titre de comte de Santa Maria (8 janvier 1734) et de marquis de Verduno (18 juillet 1739) Les mérites qu’il avait acquis sous Victor-Amédée 11, par la révision et la réimpression des Constitutions Royales (1729) et par la mise en ordre des Statuts de la nouvelle Université, ne furent pas méconnus par le Roi Charles­Emmanuel 111 qui conféra à Caissotti le grade de ministre d’Etat (1750), le nommant en outre notaire de la Couronne (1767) et enfin Grand Chancelier (1768) (1).

Son fils unique, le marquis Charles-Joseph-Casimir, mourut sans héritiers en 1799, en laissant son copieux patrimoine aux deux hôpitaux de la Charité et de Saint-Jean, à Turin.

Etal Personnel actuel (1912)de la branche de Roubion:

Delphine Caissotti, comtesse de Rou­bion, mariée :

Avec François, des marquis de Constantin ;

2° Avec M. Rozy.

(1) Carutti (Storia del Regno di Carlo Emmanuele III vol. II, pag. 39) décrit de la façon suivante let qualités du président Caissotti : « 11 avait un esprit net, une conception prompte, une mémoire fidèle et une facilité merveilleuse de s’assimiler les idées des autres, en le recouvrant d’un vernis qui lui était propre ; non qu’il étudiât beaucoup, mais il avait une connaissance très vaste des lois. On lui reconnais­sait une certaine versatilité dans l’esprit et aussi une courtisanerie excessive, unie à un grand orgueil d’homme nouveau, désireux de faire oublier l’humilité de son origine ; il fut, en somme, plutôt savant en droit que véritable jurisconsulte ».


(2) Pendant cette première partie de sa carrière, le substitut Caissotti,à cause de l’exiguité de ses ressources, vivait dans une chambrette, au dernier étage d’une humble maison de la rue Stampatori, à Turin. II veillait là très tard dans la nuit pour travailler et étudier. On raconte que Victor-Amédée 11, qui avait coutume de se promener la nuit par la ville, sous un costume d’emprunt, avait à plusieurs reprises remarqué cette lumière brûlant fort tard dans la nuit ; et un soir, comme il se trouvait avec le comte Tana, il voulut savoir quel était le veilleur obstiné de cette modeste chambre. C’est ainsi que le Roi, sous un prétexte quelconque, se présenta dans la maison du jeune substitut du procureur général et eut occasion d’en connaître le tempérament exceptionnel de travailleur et d’homme d’étude, d’où lui vint plus tard la fortune.


(1) Des Caissotti de Piémont, encore florissants, nous n’avons pas à parler ici, car on ne peut à aucun titre les considérer comme appartenant à la noblesse niçoise.

(2) Les fiefs de Mas et d’Aiglun appartinrent d’abord aux de Grasse, puis aux Malopera, qui les cédèrent a ux Caissotti ; ils passèrent à la France par le traité de 1760.


Comtes SAISSI de CHATEAUNEUF

Comte

Seigneur de Châteauneuf

Noble des comtes Saisi, et des seigneurs de Châteauneuf

“ D’azur. à trois fleurs d’immortelle d’or nourries sur le sommet d’un roc au naturel, surmontées par une étoile d’or »

Cette famille descend d’un avocat, Julien Saisi, qui était podestat de Nice en 1583. Après lui, il convient de rappeler

Horace, commandant du fort de Saint-Hospice (XVIIè siècle) ;

– l’avocat Charles­Antoine, qui fut parmi les conseillers nobles de la ville de Nice, et son neveu

Pierre-Antoine, avocat, qui eut titre et grade de sénateur. Le fils du sénateur Pierre-Antoine fut l’avocat

Jean-Joseph, lequel, par lettres patentes en date du 17 décembre 1784, hérita de son cousin Charles Rossetti une portion du fief de Châteauneuf, portion dont il fut régulièrement investi le 5 septembre 1786. Du noble Jean-Joseph descendit

Louis-Alexandre, lequel eut une part impor­tante dans la vie municipale de Nice, fut premier consul en 1823, 1832-33-34,

conseiller communal jusqu’en 1848 et décoré de la croix des SS. M. et L. S. M. le Roi Charles-Félix avait, par lettres patentes du 3 janvier 1827, con­cédé au chevalier Louis-Alexandre Saisi le titre de comte pour la haute solli­citude, la probité et l’intégrité constamment déployées par lui dans l’exercice des divers emplois publics et administratifs, notamment dans celui de premier consul de la ville de Nice, fonctions qu’il remplit avec grande distinction et à la satisfaction de tous, et pendant lesquelles il sut, par ses soins éclairés, mener à bien l’achèvement de plusieurs oeuvres d’utilité publique. »

C’est du comte Charles, fils du comte Louis désigné plus haut, que descend le représentant actuel de cette noble famille.

État personnel actuel.(1912) – Comte Xavier Saisi, seigneur de Châteauneuf.

Mère : Joséphine Martini, des seigneurs de Châteauneuf, veuve du comte Charles Saisi.

NB: Le Comte Xavier ci-dessus fut le premier Maire de la nouvelle commune de BENDEJUN située à environ 30kms de NICE lorsque ce village fut séparé de CHATEAUNEUF en 1911.


Sources: Blason fourni par http://xoomer.virgilio.it/blasonpiemon/Pagina8a.html


Famille RICCI

« Coupé : dans le premier d’argent à trois rameaux de châtaignier fruités de trois marrons au naturel, mal ordonnés, les rameaux posés en fasce ; dans le second d’or au porc-épic au naturel ».

Devise : « In pungendo tenitas

Baron des Ferres

Seigneur de Castelnuovo

Noble des barons des Ferres et des seigneurs de Castelnuovo

Ancienne famille de Sospel, connue dès le milieu du XIV° siècle. Elle s’enorgueillit de divers membres illustres :

Dominique, second consul de Sospel en 1361 ;

Ludovic, notaire, second consul lui aussi en 1413 ;

Jacques, premier consul en 1441 ;

Antoine, notaire, trois fois (1483, 1496 et i5io) élevé au consulat ;

Lucas, jurisconsulte ; Ludovic, premier consul de Sospel en 1481 et 1485 ;

Pierre, professeur de droit (149o) ;

– les frères Hilarion et Théophile, doctes et vertueux moines bénédictins ;

Antoine, premier consul en 1530 :

Jean, colonel des milices sospelloises et premier consul en 1579 et 1585 ;

Pierre, avocat, premier consul en 1563 ;

Jean-François, docteur ès-lois (156o) et premier consul en 1567 et 1575 ;

Antoine (+1599) premier consul en 1587 ;

Jacques, capitaine des milices sospelloises et premier consul en 1592 ;

César, colonel des milices sospelloises, trois fois (1620, 1634. et 1655) élevé au consulat

Alexandre (n. 1596) chanoine et prieur de l’église paroissiale de Peille (1620) ;

André, avocat, premier consul en 1645 ;

Etienne, avocat, premier consul en 1648 et 1656 ;

Gabriel (n. 1625) prévôt de l’église paroissiale de Saorge, mort « avec le renom d’un homme de profond savoir et de grande intégrité » ;

Jean-Baptiste, Commandeur des SS. Maurice et Lazare, premier consul en 1652 et père de :

– Victoire Ricci (+1737) « modèle des plus nobles vertus de son sexe et femme de lettres de quelque mérite ;

Antoine-François (n.1615) étudia à Valence et à Lyon où il prit son doctorat en droit et en théo­logie, fut chanoine de l’ordre de Saint-Rufus et vicaire général de cet ordre, homme «… très savant dans les canons, les belles lettres et les rites ecclésias­tiques, dans l’art oratoire et dans les disciplines scolaires;

Ludovic, chanoine consulteur du Saint-Office.

Jean Ricci (+ 1687) épousa Louise Capello et en eut un fils :

Paul (+ 1691) qui épousa Marie Bergondi. De ce mariage sont nés :

Jean-Baptiste (n. 1678, +1716) Chevalier des SS. M. et L., lieutenant au régiment La Marine, auteur de plusieurs oeuvres et,

Pierre qui , « pour avoir employé beaucoup d’années à lire et à écrire, devint très versé dans les choses de la littérature ». Pierre Ricci reçut donation d’André Vachieri d’une portion du fief de Chàteauneuf (1711) portion dont son fils,

Joseph-François, avocat des pauvres, obtint l’inves­titure régulière, le 6 décembre 1736. Joseph-François, docteur en droit, fut avocat des pauvres, puis sénateur au sénat royal de Nice, premier consul de Nice en 1741 et acquit une moitié du fief de les Ferres dont il fut investi avec le titre de baron, le 20 février 1756. Son fils, le baron

Pierre-Marie, épousa Marianne-Radegonde De Gregori, des comtes des Marcorengo. De ce mariage descendit le baron

Joseph-Marie qui épousa Eugénie Brignone des comtes de Costigliole dont le baron Félicien Ricci(4)

qui épousa Gabrielle BERAUDO des Comtes de PRALORMO, père des principaux représentants actuels(1912) de cette famille qui sont : le baron

Charles, conseiller provincial de Turin et le noble

Robert, docteur en droit, substitut procureur général hono­raire de la Cour de Cassation, Officier dela Couronne Italienne et Chevalier. des SS. M. et L.

Etat personnel actuel(1912) : Charles-Joseph Ricci, baron des Ferres et seigneur de Castelnuovo